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Dernier compte-rendu

Pas Sidney Poitier, de Percival Everett

21 septembre 2011 + + Aucun commentaire. Réagissez !


Le quatrième de couverture augure d’un ouvrage délirant et délicieusement absurde, à côté duquel je ne pouvais décemment pas passer : au terme d’une grossesse de 24 mois (!), le jeune Poitier se voit affublé par sa mère, qui ne manque pas d’humour, du prénom étrange de “Pas Sidney”. Et son cruel destin semble s’évertuer à lui faire rejouer les divers rôles de l’acteur quasi homonyme…

Quelques pages suffisent pour s’installer confortablement dans l’univers délirant de Percival Everett. Ici, le réalisme, on oublie ! La naissance et la jeunesse de Pas Sidney, et notamment son installation chez Ted Turner (oui oui, le big boss de CNN !) sont des morceaux d’anthologie, tout comme le sont les séances de “fesmérisation” qui permettront à notre héros de se sortir de quelques mauvais pas. Et dieu sait s’il lui en arrive, des mésaventures cocasses (et assez souvent grivoises…), à ce “pauvre” Pas Sidney !

On s’amuse beaucoup, donc, à la lecture de cet ouvrage atypique. L’écriture est bien enlevée, pleine de verve, et les rebondissements de l’intrigue (si tant est qu’il y ait vraiment une intrigue…) sont délicieusement improbables. Du moins pour qui, comme moi, ne connaît pas la filmographie de Sidney Poitier. Bien sûr, on ne profite pas pleinement de toutes les références et de tous les clins d’oeil dont le livre est truffé, mais puisque le tout baigne depuis le départ dans un univers totalement décalé, cela ne gène en rien la lecture. Au contraire, cela donnerait plutôt envie de découvrir ensuite les films dont il est question.

C’est donc un ouvrage à plusieurs niveaux de lecture que propose Percival Everett. A la fois délirant et profond, il parvient à nous faire rire tout en abordant la question sérieuse des différences raciales dans l’Amérique contemporaine, sans lasser à aucun instant. Les personnages sont truculents, l’histoire excellente et le style tout simplement inimitable, donc si vous n’êtes pas de ces lecteurs qui ont besoin de réalisme pour apprécier une histoire, ne vous posez pas de questions inutiles : foncez !

Comptes-rendus

21 septembre 2011 — Pas Sidney Poitier, de Percival Everett
21 juillet 2011 — Autoportrait de l'auteur en coureur de fond, de Haruki Murakami
21 juin 2011 — American clichés, de Sophie Simon
21 mai 2011 — La Part de l'homme, de Kari Hotakainen
21 avril 2011 — Portrait de l'écrivain en animal domestique, de Lydie Salvayre
21 mars 2011 — Les Princes vagabonds, de Michael Chabon